Préparation du sol

La préparation de la parcelle est essentielle.

Une première opération consiste à écraser et broyer la végétation et les rémanents, à savoir les branches, et à araser ou éliminer les souches.
Cette intervention peut sembler brutale, mais elle est nécessaire pour améliorer la qualité du labour et, plus généralement, faciliter l’accès de la parcelle et l'ensemble des opérations qui vont jalonner l'itinéraire sylvicole durant une cinquantaine d'années.

Ensuite viennent le drainage, la fertilisation initiale et le labour avant la plantation.

La préparation du sol avant le boisement est liée à la nature du sol : les travaux seront différents selon que la lande est humide, mésophile ou sèche.

Le drainage

Définition
Le drainage (agriculture) ou l’assainissement est une opération qui consiste à évacuer l’excès d’eau d'une parcelle située dans une lande humide et à maintenir de manière permanente le sol sain sur une profondeur de 50 à 80 cm.
Objectifs
Ces travaux ont pour finalité d’améliorer l’installation des peuplements, d’augmenter la profondeur d’enracinement et de faciliter l’accès aux parcelles pour les travaux de sylviculture, d’exploitation en saison hivernale, de gestion ainsi que la pénétration pour les engins de lutte contre les incendies.
L’assainissement constitue une opération indispensable au reboisement des landes humides. Ces dernières représentent environ 30% à 40 % des surfaces régénérées et sont très propices à la production forestière.
Le réseau de drainage facilite également la gestion des parcelles et l'exploitation future des bois. De plus, il participe à la lutte contre l’incendie et l’exploitation future des bois.
Étapes
Le drainage s'effectue généralement avant la préparation du sol soit 6 mois à 1 an avant la plantation.
Pour réaliser un plan de drainage, le sylviculteur s'appuie dans la mesure du possible sur le réseau d'anciens fossés et sur les réseaux alentour en concertation avec les propriétaires jouxtant sa parcelle.
Le réseau est alors adapté aux caractéristiques du reboisement envisagé et raccordé au réseau aval.
Un fossé de drainage intra-parcelle d’une profondeur de 50 à 80 cm est généralement suffisant pour le pin des Landes. Il s’agit essentiellement de drainer l’eau de surface afin d’éviter que l’arbre ne soit immergé dans l’eau, notamment durant les premières années.
Un réseau de dessertes complémentaires de pistes et de demi-pistes s'appuie également sur des collecteurs "bordiers" de pistes, principaux ou secondaires, d'une profondeur moyenne de 1,30m à 1,50m.

Le débroussaillement

Cette intervention consiste à broyer les rémanents de l'exploitation forestière afin de faciliter l'accessibilité de la parcelle ; de plus elle élimine la végétation naturelle afin d'améliorer la qualité du labour.
Dans les Landes, le débroussaillement est accompli par un rouleau débroussailleur, un gyrobroyeur ou, exceptionnellement par un traitement chimique préventif.
> Le débroussaillement : non seulement c'est un devoir, mais c'est aussi une obligation à proximité des habitations. Télécharger la fiche éditée par l'ARDFCI en partenariat avec les préfectures d'Aquitaine (.pdf, 1,9 Mo).
On intervient sur les rémanents (cimes) ou la végétation de broussailles à l’aide d’un rouleau débroussailleur appelé "landaise", sur les souches à l’aide de divers engins comme le croque souche, la cisaille de souche ou une rogneuse.
Sur une lande humide, on associe parfois à cette phase de préparation la destruction de la molinie, une graminée abondante dans sur ce terrain.
Voir la fiche technique Broyage CPFA/CRPF

Le déssouchage

Les souches peuvent constituer un handicap lors des travaux de préparation du sol ou d'entretien. Le seuil d'intervention est fixé habituellement à plus de 200 souches à l'hectare de plus de 30 cm de diamètre. Le déssouchage peut être exécuté par différents appareils dont une lame de bulldozer, une pelle mécanique.
L’émergence du bois-énergie a entraîné un regain d'intérêt pour cette matière première inexploitée.

La fertilisation initiale

Définition
La fertilisation initiale du pin maritime est devenue une pratique courante avant le reboisement. Elle consiste en un apport de phosphore enfoui par le labour.
Objectifs
La fertilisation poursuit un triple objectif. Elle a pour but d’augmenter la production de bois et/ou d’abaisser l’âge d’exploitation, d’homogénéiser les boisements en réduisant leur phase d’installation et de maintenir la fertilité des stations.
La fertilisation diminue la phase d’installation, c’est-à-dire la période durant laquelle les arbres sont sensibles à la concurrence de la végétation ainsi qu’aux attaques d’insectes et de gibiers.
De plus, un peuplement fertilisé se défendra mieux contre les agressions climatiques ou parasitaires qu'un peuplement non fertilisé.
Il est reconnu que la fertilisation allié à la génétique peut se traduire par un gain de production de + 73 % et par une diminution de la révolution de 25 ans comparativement à des semis naturels à âge égal.
Par contre, la fertilisation peut contribuer à accroître les défauts naturels du Pin maritime, tels que la courbure basale ou les défauts de branchaison.
En ce qui concerne les propriétés technologiques, la fertilisation conduit à une légère diminution de la densité.
Ces défauts peuvent être minimisés par l'emploi de variétés améliorées produites en verger classique, ou de croisements contrôlés (hybrides Landes X Corse).
L'apport du phosphore se fait la plupart du temps en plein (120 unités à l'hectare sur la totalité de la parcelle).
Cette fumure est parfois utilisée en deux temps :
- 60 unités avant le labour (labour à moitié)
- 60 unités vers 3 ou 4 ans (lors du complément de labour dans l'interligne).
Un regonflage peut être envisagé pour les peuplements mal venants quand le peuplement en place a des difficultés à croître.
Les terrains à fertiliser
On fertilise peu en station sèche, car la rareté de l’eau rend la fertilisation difficilement opérante.
On évite de fertiliser en station trop fertile (lande riche, ancien champ) car cela exacerbe les défauts de forme tels que la courbure basale ou la branchaison.
Ce sont les landes mésophiles (essentiellement caractérisées par la fougère), humides et bien drainées qui profitent le mieux de la fertilisation phosphatée.

Le labour

Définition
Le labour est une opération du travail du sol intervenant avant la plantation.
Objectifs
Le labour a pour but d’aérer la structure du sol et d’y incorporer la matière organique et l'acide phosphorique qui favoriseront les capacités de nourriture. Il permet également l’installation plus rapide du système racinaire des arbres et retarde la concurrence herbacée.
Etapes de l’opération
La technique la plus commune est le passage d’une charrue forestière pour une profondeur de labour située entre 30 et 50 cm.
Ce labour, à moitié ou en plein, peut être réalisé par des charrues à disques sur les landes sèches.
Pour accueillir les semis ou les jeunes plants, on émiette le labour trop grossier pour recevoir les graines en particulier. Ce travail est réalisé aux disques ou au rouleau landais.
Aujourd'hui, la technique de plantation est très majoritaire.
D'autres techniques de travail du sol complètent ce dispositif en lande humide et associent le contrôle de la végétation par un traitement herbicide préventif au glysophate à une charrue rotative qui travaille le sol sur 40 cm de profondeur pour un mètre de large. Cette association prépare la bande de plantation et détruit provisoirement le système racinaire de la molinie.

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